[retour sommaire]
LA PRéPARATION PSYCHOLOGIQUE
(partie 1)
Cliquez sur les titres pour faire apparaitre
ou disparaitre la partie correspondante
Introduction
Pour quelles raisons un sportif qui maîtrise parfaitement la technique d'un
geste bien spécifique, peut rater ou réussir ce geste lors d'une compétition
importante ?
Qu'est-ce que vous faites en terme de préparation mentale ? Qu'est ce que cette
notion veut dire pour vous ? Réfléchir à des exemples personnels ?
De la même manière que la préparation physique, technique, tactique, la Préparation
Psychologique fait partie de l'entraînement.
Les entraîneurs et les athlètes font appel à cette préparation pour résoudre les problèmes rencontrés dans une compétition, ou pour optimiser les actions de l'entraînement. Les habiletés psychologiques peuvent, et doivent, faire l'objet d'un entraînement systématique.
Distinction entre préparation mentale et préparation psychologique
La préparation mentale est l' utilisation par l'athlète de
techniques de contrôle de l'anxiété et du renforcement de l'attention. L'objectif
est l'amélioration de la performance. Elle vise surtout la valorisation
du potentiel en référence à la tâche sportive (amélioration d'un problème
technique).
La préparation psychologique inclut la préparation mentale
et l'amélioration du potentiel psychique général de l'athlète. Elle
englobe un tout et vise à créer les conditions d'un investissement
sportif efficace. Toutes les interactions de l'athlète, avec son environnement
humain et matériel, sont concernés par cette approche large (Motivation, relation
entraîneur-entraîné, cohésion de l'équipe, vie de tous les jours).
LA PREPARATION MENTALE
1- Définition de la préparation mentale
Entraînement qui a pour but d'approcher
avec régularité les conditions optimales de performance. C'est une préparation
à la compétition par un apprentissage d'habiletés mentales et d'habiletés d'organisation.
2- Les objectifs de la préparation mentale
La préparation mentale vise :
• l'amélioration de la récupération
Régénération des énergies physiques et psychiques quand le sportif fait des efforts extrêmes.
Quand beaucoup de tensions et qu'il faut de nouveau concourir le lendemain…la préparation mentale supprime les états de surexcitation.
Elle peut aider à diminuer les troubles du sommeil.
• l'amélioration des processus d'apprentissage technique
C'est l'entraînement mental par une représentation psychique du mouvement (cf la répétition mentale).
• l'élimination des facteurs de perturbations psychiques.
Stress. Technique de contrôle de l'anxiété.
3- Quelles sont les habiletés mentales ?
Habileté n°1 : La motivation
Un athlète est motivé quand il dirige ses efforts vers un but, qu'il est acharné et qu'il fait constamment tout ce qu'il peut.
Motivation : C'est la capacité à mobiliser de l'énergie orientée
vers un but déterminé en fonction d'un besoin. Ensemble des facteurs qui poussent
l'individu à agir, qui orientent et organisent le comportement vers un but (Dictionnaire
des APS, 1998).
Cela renvoie au rôle de l'entraîneur pour améliorer et développer la motivation :
Les athlètes sont motivés à la fois par les traits et par les situations.
• Les individus ont plusieurs motifs de s'impliquer.
• Il faut modifier l'environnement pour accroître la motivation.
• Les moniteurs ont une influence directe sur la motivation des participants.
• Utiliser des méthodes de modification du comportement pour corriger
les motivations indésirables des participants.
• Vérifier et ajuster ses feed-back.
• Insister sur les objectifs de maîtrise de tâche.
La focalisation de l'attention sur des buts précis permet de mieux planifier et d'évaluer ces buts. Des buts précis favorisent la concentration et la motivation.
Fixer des buts de maîtrise au lieu des buts de résultats, des objectifs réalistes, modifiables, intermédiaires.
Habileté n°2 : la concentration
Concentration : C'est porter son attention sur quelque chose.
La répétition mentale focalise l'attention sur la tâche et la concentration. Inversement, une meilleure concentration permet de former des images vivaces et contrôlées.
Habileté n°3 : l´activation
Activation : Etat général d'éveil psychologique et physiologique
de l'organisme, s'étageant du sommeil profond à une intense agitation .
Le niveau d'activation de l'organisme et des capacités d'attention sont dépendantes des performances sportives. La capacité de se concentrer permet en retour d'induire un niveau optimal d'activation et d'atteindre des performances maximales.
Degré d'excitation pour aborder une épreuve- niveau optimal d'activation = Perf Max.
Niveau d'éveil cortical = niveau d'activation
Habileté n°4 : le contrôle de l´anxieté, du stress
L'anxiété, le stress : Décalage entre ce que
je sais faire et ce que je dois faire.
Rappels :
Stress = Déséquilibre entre les exigences et l'aptitude à y répondre.
Anxiété = Incertitude concernant la suite des évènements.
La gestion efficace du stress pré compétitif et compétitif facilite les performances (Travail de cette habileté de contrôle du stress pour être plus fort le jour J).
La relaxation utilisée aux fins de gestion de stress s'avère également favorable à la formation d'images mentales.
Temps pour se relaxer après un point perdu, une double faute. On prend sa serviette.
Habileté n°5 : la confiance en soi
Confiance : conviction de pouvoir réussir un comportement désiré.
C'est l'espoir du succès.
Croire en ses aptitudes mentales et physiques. être confiant, mais éviter le
manque ou les excès de confiance. Le sportif doit toujours croire en soi-même.
Cf Jimmy CONNORS.
Conclusion: ces habiletés sont fortement reliées entre elles
4- Les effets et les caractéristiques de la préparation mentale
De nombreuses études ( 100) , 25 ans d'expérimentations ont montré que si l'individu
s'entraîne mentalement, les résultats sont supérieurs à une absence de pratique.
Des enquêtes réalisées sur des médaillés aux JO d'été et d'hiver, montrent de façon consistante, qu'ils se sont préparés mentalement à la compétition, et cela de façon systématique. Leur réussite sportive semble donc pour partie déterminée par des habiletés psychologiques.
La préparation mentale s'apprend par l'entraînement.
Cet entraînement mental peut-être :
• long. Pour être efficace, l'imagerie doit s'incorporer
à la routine quotidienne de l'athlète. Evaluation des ressources et des besoins,
période d'apprentissage et amélioration d'habiletés mentales telle que la concentration
ou l'imagerie…, phase de planification de la compétition, de la journée.
Athlètes et entraîneurs reconnaissent habituellement l'importance des aptitudes mentales, mais négligent d'y consacrer un entraînement systématique ==> pas assez de temps, pas de connaissances, peu de convictions… Pourtant les bienfaits de la PM se manifestent au fil d'une expérience systématique à long terme.
• simple. On peut s'entraîner dans son lit, sous la douche,
quand on est blessé…
Avantage d'utiliser un consultant en psychologie sportive, mais l'entraîneur peut aussi le faire.
• et est individualisé. Il est indispensable de s'adapter
aux besoins de l'individu pour fixer des buts adaptés.
Evaluation des points forts et des points faibles. Qu'est-ce qui marche pour vous dans les meilleurs compétitions ?
Entraînement = répétition.
5- Méthodes de préparation mentale visant à supprimer les facteurs de perturbation de la performance
A. Les facteurs perturbateurs de la performance sportive
• les émotions ==> stress/anxiété pendant la compétition
• la concentration ==> Si pas de concentration, faute immédiate
• la motivation ==> rechercher le niveau optimum de motivation.
B. Les méthodes de préparation mentale
Ces méthodes sont multiples mais sont pour la plupart dérivées de la sophrologie
fondée en 1958 par A.Caycedo. Elle intègre de nombreuses techniques qui ont
connus de multiples adaptations par la suite en fonction des besoins.
La sophrologie a pour but :
• d'apprendre à l'athlète à maîtriser ses états émotionnels
• à augmenter sa faculté de concentration.
• d'apprendre au sportif à " positiver "
• ne pas se laisser envahir par le stress.
Le sportif apprend à contrôler ses habiletés mentales.
• Les techniques de relaxation :
Recherche d'une détente corporelle pour lutter contre les états de surexcitation. W de la respiration. Programme de relaxation.
Les méthodes de relaxation peuvent permettre de réduire l'état de stress en diminuant le niveau d'activation.
1) Parmi les nombreuses méthodes connues des sportifs, on peut citer
l'entraînement à la relaxation progressive (relâchement musculaire profond)
de Jacobson (1932) qui a évolué en 1958 (WOLPE). On invite les sportifs
à se relaxer et à imaginer des situations stressantes (leur préparation et leur
participation à des compétitions), tout en restant relaxés.
Exercices de respiration profonde et calme. On met ensuite sous tension, successivement et consciemment, les principes groupes musculaires du corps, lentement, mais intensivement, pour ensuite les décontracter. Ordre séquentiel : nuque, main, bras, jambes, bassin, musculature de la partie inférieure du dos, fessiers et visage. 10'. C'est bien avant de s'endormir.
2) L'entraînement autogène (autorelâchement) permet le relâchement
musculaire profond et facilite la récupération et la régénération des énergies
physiques et psychiques des sportifs. Exécution d'exercices qui amène le sportif
dans un état de décontraction musculaire maximale.
3) Le yoga
Technique pour contrôler son corps et son esprit. (Yannick Noah)
4) La musicothérapie
Isolement avec de la musique qui a été associée à un état de confiance et de
relaxation.
• La méthode d'arrêt des pensées ou des images négatives :
Quand surgissent des pensées de type " Je ne me sens pas bien aujourd'hui ", " J'ai peur de manquer cette porte de slalom ", cette méthode a pour objet d'interrompre celles-ci par la formulation d'un " stop " ou par la visualisation d'une bannière rouge, voire d'un feu rouge.
==> Entraînement à identifier au préalable les images négatives puis remplacement de ses pensées négatives génératrices de stress par des images positives.
==> Technique du langage intérieur : Utilisation de mots-clés (Je me relâche maintenant…), de phrases pour s'encourager (Il faut que je me tienne prêt)…
==> Cette technique fait l'objet d'un entraînement systématique en compétition.
• La répétition mentale à travers l'imagerie
La répétition mentale consiste à imaginer une activité sportive
en l'absence de mouvements réels.
L'imagerie : utilisation de tous les sens pour créer une expérience
dans la tête. Par exemple, se sentir nager efficacement (ressentir de bons appuis)
en entendant les conseils de l'entraîneur dans les virages et en sentant l'odeur
du chlore dans la piscine.
L'entraînement mental vise l'apprentissage ou le perfectionnement
de l'exécution d'un mouvement par sa représentation psychique intense, sans
exécution concrète simultanée.
• La gestion des buts
Identification de buts et d'objectifs clairs.
Samuel Dumont, professeur de sports, champion d'Europe de gymnastique par
équipe senior 1998
|