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Février 2007 : Samuel Dumont

Né le 24 août 1974 à Guéret (23)

Gymnaste au club Avenir de Vernon de 1980 à 1991
puis au CSMG Epinay sous Sénart 1992 à 2005

Professeur de sports
Entraîneur et coordonnateur du pôle espoir de gymnastique de Vernon de 2002 à 2004
Depuis 2004, Conseiller d’Animation Sportive à la DDJS Val de Marne

Préparateur physique et gymnique du pôle France et de l’équipe de France de voltige équestre en 2005 et 2006
Samuel Dumont

Palmarès (en gymnastique) :

- Champion d’Europe par équipe (1998)
- Participation à 2 championnats du monde, 3 championnats d’Europe, 2 universiades
- 8 titres de champion de France par spécialité : sol (2), anneaux (3), saut de cheval (3)
- Champion du monde scolaire à la barre fixe (1989)
- Vice champion d’Europe juniors à la barre fixe (1991)
- Participation à plusieurs tournois de coupe du monde
(meilleur résultat : Paris-Bercy 1996 – 1er au saut de cheval et 2ème à la barre fixe)
- Présélectionné pour les Jeux Olympiques en 1996 et 2000 (rupture du tendon d’achille 3 mois avant les JO)

Décorations : J’ai reçu une lettre de félicitations du Président de la République pour mon titre de champion d’Europe.

Parcours sportif :
J’ai fait de la gymnastique pendant 22 ans, de 1980 à 2001, dont 14 à l'INSEP (à partir de 1988). Ma carrière de sportif de haut niveau a été semée d’embûches ou plutôt de blessures (2 hernies discales, une rupture du tendon d’achille et un genou). Cependant, j'ai obtenu mes meilleurs résultats après mes blessures.

Comment êtes-vous venu à la voltige ?

J'ai découvert la voltige par le biais de mon épouse Maud Bousignac-Dumont et des amis rencontrés au sein de l’INSEP, comme Matthias Lang, Davy Delaire et Jean Michel Pinel. C’est une discipline qui se rapproche quelque peu de la gymnastique, c’est pour cette raison que ma passion pour la voltige est née.

A la demande de Davy Delaire, j’ai pris en charge le pôle France et l’équipe de France de voltige équestre sur les stages et les compétitions pour la préparation physique et gymnique de janvier 2005 à août 2006.
Samuel Dumont

Samuel Dumont En quoi consiste votre entraînement ?
Je ne pratique pas la voltige équestre. En gym, à l’époque de l’INSEP, je m'entraînais environ 25 à 30 heures par semaine avec certains pics à plus de 35 heures à raison de 3 entraînements par jour.


Votre plus beau souvenir :
La naissance de mon fils Louis.
Souvenir sportif : ma victoire au tournoi de coupe du monde de Paris-Bercy, devant Vitali Sherbo (7 fois champion olympique) et Grégory Misuitin (3 fois champion olympique et plusieurs fois champion du monde).

Qu’aimez vous particulièrement dans la voltige ?
Le transfert des éléments acrobatiques gymniques qui sont réalisables en voltige, ainsi que la relation très importante qui doit exister entre le cheval, le voltigeur et le(a) longeur(se) pour atteindre de hautes performances.


Qu’aimez vous particulièrement dans la gym ?
L’acrobatie sous toutes ses formes et à tous les agrès. J’ai réalisé la plupart des lâchers de barre en barre fixe durant ma carrière, ainsi que pas mal de figures au sol notamment le triple salto arrière et le full full tendu pour les connaisseurs.
Samuel Dumont

Que vous a-t-elle apporté : Que du bonheur ! Pour l’aspect sportif, rien de particulier sauf le plaisir du devoir accompli (quelques secondes de bonheur pour des milliers d’heures d’entraînement...).

Samuel Dumont Comment peut-on comparer la gym et la voltige ?

Je ne pense pas qu’une comparaison soit possible car ce sont vraiment deux disciplines différentes. D’une part, la voltige est une discipline d’équipe et la gym une discipline individuelle et d’autre part, pour nous en gym, le cheval ne bouge pas !!!

La chose qui peut rapprocher les deux disciplines, c’est la préparation physique. En effet les méthodes utilisées en gymnastique se rapprochent de celles qui peuvent être utilisées en voltige. Egalement, le travail acrobatique (quel que soit le niveau) est très important dans les deux disciplines.

Je pense que le travail gymnique peut apporter beaucoup de choses à la voltige. La principale, c’est le travail "propre", c'est à dire la réalisation des mouvements sans aucune faute d’exécution, ce qui ne me semble pas encore le cas en voltige en France.

En effet, les voltigeurs, principalement en individuel, veulent souvent réaliser des figures qu’ils ne maîtrisent pas parfaitement. Je pense qu'il ne faut pas forcément rechercher une note de difficulté maximale si cela doit se faire au détriment des autres notes, principalement celle de l'éxécution qui a un coefficient double. On peut prendre pour exemple le champion du monde qui se limite volontairement dans le niveau de difficulté de son programme libre. Ainsi, il se conforme au mieux au code de pointage et peut s'approcher de la perfection quant aux autres critères de notation.

Samuel Dumont Comment s’est passée la préparation au championnat d'Europe 2005 ?

Une compétition majeure comme un championnat se prépare longtemps à l’avance.

Pour ce qui est des championnats d’Europe 2005, la préparation a véritablement débuté lors du premier stage en février 2005 à Dinard. Celui-ci a permis, avec la complicité de Romain Bernard (chorégraphe), de construire les programmes technique et libre des voltigeurs. Ceux-ci se sont par la suite progressivement mis en place sur les chevaux. Les compétitions de la saison ont permis de les finaliser.

En ce qui concerne la préparation terminale, celle-ci est faite pour rassurer tout le monde. En effet, à 15 jours d’une compétition majeure, tout le travail a déjà été fait. En terme de travail, simplement la répétition des exercices (tant sur le plan physique que mental) et une petite préparation physique permettent de maintenir le niveau de condition à son maximum. Mais le point le plus important à ce moment, c’est la récupération.

Ensuite, la semaine de compétition s’est déroulée convenablement. Les résultats ont été satisfaisants et ils correspondaient aux attentes du staff national.

J’aimerais revenir sur la préparation terminale pour donner un petit conseil aux voltigeurs qui auront à en faire. Lors d’un stage de ce type, les programmes sont définis à l’avance et il ne faut pas chercher à ajouter un nouvel élément dans un des programmes car il y a de grandes chances que celui-ci ne soit pas réussi lors de la compétition.

Je m’explique : lors d’une préparation terminale, les voltigeurs sont en très bonne forme physique ce qui permet d’avoir des facilités à réaliser de nouveaux exercices. Ce n’est pas pour autant que cette bonne forme physique doit être au service de l’apprentissage de nouveaux éléments. En effet, lors de la compétition, à cause de tous les éléments extérieurs qui interviennent (stress, anxiété, environnement, …), les voltigeurs perdent un peu de leur potentiel physique car c’est le mental qui prend le dessus.

Bref, retenez que sur une compétition, si on veut réussir ses programmes, il faut pouvoir travailler à un maximum de 75% à 80% de son potentiel.


Comment s’est passée la préparation aux JEM 2006?

C’est la même chose que pour les Europe 2005 sauf que c’était un événement encore plus important. A ce propos, on se rend bien compte que plus l’événement est important, plus les choses qui nous paraissent faciles la plupart du temps deviennent quelquefois très difficiles.

Par exemple, à Aix-la-Chapelle, on a pu voir les voltigeurs français rater certains éléments, principalement dans le programme technique. Si on y regarde de plus près, ces éléments avaient déjà été ratés en compétition dans l’année et également durant le stage de préparation. On retrouve donc bien une amplification des erreurs qui nous semblent parfois anodines sur certaines périodes et qui s’avèrent très importantes sur d’autres.



Quelle est selon vous votre qualité principale :
Ma principale qualité est d’être acrobate. On disait également de moi que j’avais un petit grain de folie mais c’est ce qui caractérise en général les acrobates.
Sinon en compétition, je ne lâche rien tant que ce n’est pas terminé, on appelle cela de la persévérance. C’est ce comportement que j’ai tenté d'inculquer aux athlètes que j’ai entraînés (gymnastes et voltigeurs). Je pense que la persévérance est une des choses essentielles pour un athlète et encore plus pour celui qui veut faire du haut niveau.

Votre vision et vœux pour la discipline dans les années à venir : Qu'elle soit de plus en plus reconnue et qu’un système de détection soit véritablement mis en place pour que l’on puisse continuer à voir des voltigeurs sur les podiums internationaux.
Samuel Dumont

Samuel Dumont Vos objectifs à venir :
Apporter mes compétences à la voltige par le biais de l’ASVEF sous forme de stages d’entraînement mais également de formation de cadres en gymnastique et préparation physique.
J’aurais aimé mettre mes compétences au service de la fédération en tant que Cadre Technique Sportif mais cela n’a pas été possible car il y a déjà 2 personnes en charge de cette discipline (Davy Delaire et Christian Budelacci) et la Direction Technique Nationale n’a pas voulu d’un cadre en plus. Je pense que c’est dommage car à 3 personnes, nous aurions pu véritablement mettre en place quelque chose d’intéressant.

Vos mentors :
Personne en particulier mais tout le monde à la fois. Je pense qu’il faut pouvoir prendre les informations là où elles sont bonnes à prendre.

Vos loisirs : gazous avec Louis !

Si vous étiez un animal, vous seriez : un vautour

Votre philosophie de vie : la vie est trop courte pour ne pas en profiter au maximum, tant au niveau personnel que professionnel.

Votre proverbe préféré : il ne faut pas tuer la peau de l’ours, non il ne faut surtout pas la tuer (proverbe chinois)

Le mot que vous préférez : compétition

Celui que vous aimez le moins : utopie

Le bruit que vous préférez :
le silence d’une concentration

Celui que vous aimez le moins :
celui du réveil après une bonne nuit d’ivresse

L’odeur que vous préférez :
celle du café le matin

Celle que vous aimez le moins :
l’odeur de la défaite même si elle n’est pas perceptible.

Votre plat préféré :
je ne crache pas sur une bonne fondue savoyarde.
Samuel Dumont

Votre musique préférée : la salsa (principalement musique afro-cubaine et zouk)

Un mot pour les débutants : faire du sport de haut niveau demande beaucoup d’investissement, si celui ci est bien mené vous n’aurez jamais de regret. Alors investissez-vous et vous arriverez à mener votre projet à terme.

Quelque chose que vous voulez ajouter :
le talent suffit à prendre du plaisir dans une discipline sportive mais pour le très haut niveau, seul le travail paie.

Vos soutiens :
ma famille et mes amis proches.