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Mars 2007 : Clémence Picot-Martin
Née le 14 juin 1974 à Paris (75)
Voltigeuse de 1983 à 1994, entraîneur
depuis :
• Touring Club de France (TCF) , renommé
Centre Hippique du Bois de Boulogne (CHBB), de 1983 à 1990 à
Paris (75) : voltigeuse en équipe
• Centre Equestre d’Eckbolsheim en 1990-1991,
période de transition et apprentissage d’individuel
• Team 5000 voltes de 1991 à 1994 à
Rueil Malmaison (92), voltigeuse individuelle
• Club Hippique de Mulhouse, de 1994 à 1997
: entraîneur équipe
• Voltige Fleur de Lys, à Montréal,
depuis 2005 : entraîneur avec Mathilde Fays et Isabeller Zenner
Je voudrais saluer l’implication de François
Franck longeur du Club Hippique de Mulhouse ainsi que Maud
Fays longeuse de Voltige Fleur de Lys avec lesquels je travaille
ou ai travaillé en tant qu'entraîneur.
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Palmarès avec l’équipe A du Touring
Club de France longé par Danielle Agnus :
6 fois
championne de France
avec Jimola en 1984, 1985 et 1986
avec Prunelle de Condé en 1988 et 1989
avec Quinou en 1990 (équipe renommée Club Hippique du Bois
de Boulogne) 6 fois sélectionnée en équipe de
France
médailles de bronze aux europe 1987 avec Jimola et 1989 avec Prunelle
de Condé (longé par Delphine Ridray)
4ème aux monde 1984 et 1986 ainsi qu'aux europe 1985 avec Jimola
5ème aux monde 1988 avec Prunelle de Condé
Palmarès en individuel A :
3 fois championne de France
avec Quérandi longé par Jean-Pierre Stumpf en 1991
avec Qualahis longé par Magaly Coullaut en 1992
avec Quérandi longé par Bernard Harley en 1994
médaille de bronze au championnat de France 1993 avec Quérandi
longé par Beatrice Serre
4 fois sélectionnée en équipe de France
avec Quérandi longé par Jean-Pierre Stumpf aux europe 1991 : 10e
avec Qualahis longé par Magaly Coullaut aux monde 1992 : 19e
avec Quérandi longé par Beatrice Serre aux europe 1993 : 9e
avec Quérandi longé par Bernard Harley aux JEM 1994 :10e
cliquez ici pour voir tous les podiums des championnats de France
cliquez ici pour voir toutes les sélections
des équipes de France
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Parcours sportif :
Nous sommes en octobre 1983, j’ai 9 ans
et la gymnastique me prend tout mon temps et toute mon énergie mais
je ne m'y plais pas vraiment car l’ambiance est très sévère.
Mon plaisir depuis déjà 1 an, c’est l’équitation.
Par hasard, mon père découvre dans Cheval Magazine une annonce
: le Touring Club de France organise des séances
portes ouvertes de voltige. Le club recherche des gymnastes aimant les chevaux
! (c’est comme cela qu’on présentait la voltige, je reconnais
que cela a quelque peu changé).
Et voilà c’est ainsi que tout a commencé. Après
un essai fructueux, Danielle Agnus m’a proposé
de rentrer dans l’équipe qui vivait une restructuration : les
voltigeurs de l’étrier de Paris et du TCF se séparaient
pour former deux entités distinctes.
A l’époque, la voltige faisait partie de l’association
nationale de voltige équestre (ANVE) présidée
par Pierre André. Les équipes les plus fortes participaient
à leurs frais aux compétitions internationales et en rapportaient
le crédit à leurs clubs partenaires. Les médaillés
des championnats de France participaient aux championnats d'Europe et du
monde.
En 1987, la voltige a été reconnue par la
fédération équestre française.
Nous avons appris à travailler différemment avec Jean-Michel
Pinel nommé entraîneur national qui venait révolutionner
les techniques d’enseignement avec la biomécanique. Est arrivée
avec lui toute l’équipe du staff France : Armelle Cornillon
professeur de danse, Philippe Leclerc sophrologue, Eric Favory médecin,
Catherine Duchange kiné et Minouche (pardonnez moi mais je n’ai
jamais retenu son vrai prénom !) notre entraîneur de trampoline.
Pendant les 7 années suivantes, c’est avec ces personnes et
mes longeurs respectifs que je me suis entraînée.
En 1990, lors du stage de préparation aux Jeux Équestres
Mondiaux de Stockholm, notre cheval d’équipe Quinou est déclaré
boiteux et l’entraîneur national décide de ne pas nous
envoyer en Suède. Ce fut la fin douloureuse de notre équipe,
qui s’est dissoute après l’évènement, et
le début de ma carrière individuelle.
J’ai connu une période de transition assez mouvementée
en voltigeant en Alsace, à Meaux et en région parisienne jusqu’à
trouver le match parfait avec Quérandi et Jean-Pierre
Stumpf à Eckbolsheim. C’est sous les couleurs du Team
5000 voltes que j’ai poursuivi ma carrière en individuel.
En 1994, alors que la section haut niveau ouvre ses
portes à l’INSEP, je suis reçue dans
une école d’ingénieurs à Mulhouse. Je refuse
la place qui m’attend à l’INSEP et pars en Alsace.
Ce choix, ainsi qu’une blessure à la jambe gauche que je
traine depuis plusieurs années, marqueront la fin de ma carrière
individuelle.
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En quoi consistait votre entraînement :
En équipe je pratiquais simplement 2 entraînements
de voltige par semaine de 2h chacun avec jument et tonneau. Nous participions
aux stages organisés par la fédération avec danse,
trampoline, gymnastique, préparation mentale et voltige. En individuel,
le programme était le même avec une séance de tonneau
supplémentaire.
Que pouvez-vous nous dire de vos chevaux :
Un coup de cœur particulier pour Jimola qui m’a permis de débuter en équipe. Cette petite jument bai de 1,67 m au garrot m’a permis de démarrer une carrière de voltige qui je ne pensais pas irait si loin à l’époque où toute petite je devais courir sur la pointe des pieds pour attraper les poignées du surfaix. Jimola nous a quittés en 1987, décès inexpliqué pour moi, et il a été bien difficile de la remplacer.
Et puis mon préféré, Quérandi. Ce pur sang bai brun m’a accompagnée dans tous mes meilleurs résultats individuels. Sans aucun doute, il en a impressionné plus d’un avec sa ligne de cheval de course mais nous étions faits pour nous entendre. Bien sûr son tempérament de pur sang n’était pas facile à gérer. Je l’ai vu démolir le toit d’un van à coups de tête, faire demi-tour sur la piste aux championnats d’Europe de La Haye en 1993, et le pansage n’était pas une partie de plaisir. Cependant c’est grâce à ce cheval que j’ai atteint le haut niveau. Malheureusement nous avons terminé aussi boiteux l’un que l’autre et avons dû tous les deux arrêter la compétition. |
Vu l’éloignement de Quérandi (Alsace)
à l’époque où je demeurais encore à Paris,
j’ai eu la chance d’avoir à disposition Quitus du Madon
longé par Frédérique Defrémont, mais aussi Nérez
et Partenaire longés par Marina Joosten-Dupon en entraînement,
ainsi que Taxi du Houley longé par Hubert Arzur, sans compter tous
les chevaux fédéraux lors des stages.
Les chevaux m’ont toujours été prêtés par les clubs sauf Qualahis dont j’étais copropriétaire.
Que pouvez-vous nous dire de votre programme libre :
Je ne vais citer que ma dernière musique de libre individuel car
elle a été composée par mon oncle Dominique Verdan,
compositeur de métier. Le thème se voulait afro-tropical et
sans parole, avec des cris d’oiseaux ici et là, genre perdue
dans la jungle. Il fallait créer la musique avec une intro, une escalade
de «stress» jusqu’au salto de sortie final tout en ne
stressant ni le cheval ni moi. Dominique a visionné un de mes libres
sur vidéo pour adapter le rythme au galop du cheval.
Le libre en lui-même n’avait aucune grande particularité par rapport aux libres d’aujourd’hui. Ma force était l'à-terre-à-cheval alors j’en abusais un peu. Incapable de travailler en souplesse (grâce à ma jambe «abîmée») j’essayais de conserver un libre très propre mas pas forcément trop compliqué. Je gardais en réserve le salto de sortie seulement pour les bons jours !
La tenue était créée par une couturière à Paris qui avait un atelier près du cimetière du Père Lachaise. Sa spécialité était les tenues de boxeurs et elle avait un large éventail de tissus. Elle s’amusait de nous voir dessiner des modèles assez différents des shorts qu’elle produisait. Ma tenue très bariolée avait un col officier et pas de manches. La particularité était le dos complètement ouvert, bref sexy mais pratique.
Votre plus beau souvenir :
J’en ai beaucoup mais le plus beau est sans doute ma première
victoire individuelle A au championnat de France de Strasbourg en 1991 avec
Quérandi longé par Jean-Pierre Stumpf. Cette victoire bien
méritée par nous 3 fut l’aboutissement d’un long
travail assez chaotique avec mes aller-retour en Alsace. |
Pris de court par le temps, nous avions décidé de travailler les derniers entraînements non pas sur les enchaînements mais sur le contact et la fameuse « osmose » cheval-voltigeur. J’ai fait des séances entières de position de base ou genoux les yeux fermés juste pour mieux sentir Quérandi et mieux respirer avec lui. Ce fut un pari gagné !
Qu’aimez-vous tout particulièrement dans la voltige
:
La voltige m’a confortée dans ma passion des chevaux, elle m’a appris à les respecter et à les appréhender d’une façon bien différente de l’équitation traditionnelle. Cette découverte du cheval n’est pas arrivée tout de suite car il m’a fallu apprendre à voltiger correctement avant de ressentir ces sensations. Je crois que l’osmose cheval-voltigeur-longeur ne s’est faite qu’en individuel.
Initialement en équipe, le plaisir d’un sport d’équipe « acrobatique » me permettant de parcourir le monde était le plus fort. Toujours numéro 8 (la plus petite en taille à l’époque), j’étais portée dans tous les sens par mes coéquipiers et le sentiment de confiance qui s’est développé entre nous était très fort, d’autant plus que nous étions les meilleurs. Très stimulés par les compétitions nous avons beaucoup travaillé pour conserver nos titres face à la concurrence de l’UCPA La Courneuve à l’époque. Nous avons parcouru le monde dès ma première année de voltige et cela crée des liens. J’ai d’ailleurs décidé d’apprendre l’allemand à l’école juste pour pouvoir discuter avec Dietmar Otto champion du monde 1984 que je trouvais fort séduisant du haut de mes 10 ans !
Dans l’équipe, nous étions aussi extrêmement solidaires en dehors des entraînements ce qui a contribué à réduire tout mon monde à celui de la voltige exclusivement. Une vraie passion !
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Que vous a-t-elle apporté :
La voltige m’a sans doute apporté le goût du voyage, dénominateur commun de toutes mes expériences depuis. Elle a aussi développé mon esprit d’équipe et de compétition. La stratégie de compétition m’a appris à planifier des événements sur du long terme, à gérer ces événements et mes réactions face aux imprévus qui s’y rattachent. Enfin la préparation mentale me sert tous les jours pour retrouver des états d’énergie voulus.
En revanche quitter la voltige m’a confrontée à un grand vide. Imaginez un moteur qui tourne depuis des années au rythme infernal de compétitions planifiées sur des mois de préparation et qui doit s’arrêter. Il tourne dans le vide. J’ai appris dans cet après-voltige que je ne devais pas être sans arrêt en mode compétition pour fonctionner. Ca n’a pas été simple.
Votre figure préférée :
Le poirier encolure car c’est la seule que j’arrive encore à faire !!
Quelles sont selon vous vos qualités principales :
franche, intègre, persévérante
Quelles sont selon vous les qualités que vous devez développer :
la patience, la gestion du changement
Vos objectifs à venir :
Aujourd’hui pleinement engagée dans Voltige Fleur de Lys, j’espère contribuer avec Mathilde Fays et Isabelle Zenner au développement de la discipline au Québec pour les débutants et envoyer une voltigeuse aux JEM 2010. |
Votre vision et vœux pour la discipline dans les années à
venir :
Mon départ en 1994 a été motivé par
différentes raisons dont une blessure, mon déménagement
pour les études mais aussi un trop plein du haut niveau. J’avais
perdu le plaisir de voltiger pour moi ! Les structures politiques ne supportent
pas toujours les décisions des athlètes. Redevenir entraîneur
pour des jeunes m’a permis de retrouver la notion de plaisir qui me
manquait cruellement la dernière année. M’ébahir
de leurs progrès niveau test 1 et 2 me rappelait mes débuts.
Je m’aperçois que ce contexte politique se retrouve ici au
Québec et empêche les clubs motivés d’avancer
dans leurs démarches (la fédération équestre
refuse de nous assurer par manque de connaissance de la discipline à
moins que les voltigeurs ne portent des bombes).
Je souhaite à la discipline de trouver des gens passionnés
capables de surmonter ces barrières pour renouer avec la voltige-plaisir
qui est celle qui permet vraiment d’exceller en compétition.
Votre profession : Ingénieur diplômée de l’Ecole
Nationale des Textiles de Mulhouse en 1997, j’ai essentiellement travaillé
dans le domaine du vêtement. Tout d’abord chez Décathlon
production à Lille où je gérais des approvisionnements
textiles, puis au Canada où je suis aujourd’hui directrice
des opérations (gestion des équipes achats, production et
distribution) chez Arianne, manufacture de lingerie à Montréal.
Vos loisirs : Aujourd’hui mariée et mère de 2 enfants de 5 ans et 1 an, mes loisirs tournent essentiellement autour de mes enfants et leurs activités : soccer (foot), hockey par –20°, glissades (= luge en québécois), piscine… |
Votre philosophie de vie : un jour à la fois !
Le proverbe qui vous ressemble le plus :
"Tchembe raid pas molli". C’est du créole et une façon peu élégante de dire «courage, tiens bon !»
Le mot que vous préférez : vacances
Celui que vous aimez le moins : ennui
Le bruit que vous préférez : à
l’époque, le cri d’encouragement cible du public juste
avant de lancer la musique des imposés. Aujourd’hui, j’aspire
au calme alors je dirais les cigales.
Celui que vous aimez le moins : l'alarme du réveil
L’odeur que vous préférez : p'tit déj' café croissant chaud
Votre plat préféré : purée
jambon mouline
Votre musique préférée : Moby
Si vous étiez un animal, vous seriez :
la lionne qui protège
ses enfants
Un mot pour les débutants : Amusez-vous et ne perdez
jamais de vue le plaisir car c’est lui qui vous fera progresser.
Vos soutiens :
Mes parents pour m’avoir encouragée toutes ces années.
Eric Favory pour m’avoir fait tenir jusqu’au bout malgré
une jambe en piteux état.
Franck, Matteo et Simeon pour me soutenir aujourd’hui !
Je vous invite à consulter le site de l’association
créé par Mathilde Fays : www.voltigefleurdelys.com |
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