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Jean-Georges Steinmetz
Né le 28 avril 1962
juge national depuis 1989, juge international depuis 1992,
juge international officiel depuis 2000 et je ne sais pas pour combien de temps encore
Club : Eckbolsheim
Profession : expert en automobile - gérant de société
Quels sont les plus grands évènements où vous avez jugé ?
Championnats de France de 1989 à 2003 sauf 1991
CVI entre 1990 et 2006 (environ 45 à 50 compétitions)
Championnats d’Europe 1991 - 1993 - 1995 – 1997 –1999 - 2003
Championnats du monde 1992 - 1996 - 2000 - 2004
Jeux Equestres Mondiaux 1998 et 2002
Délégué technique aux Jeux Equestres Mondiaux 2006
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Parcours :
J’ai suivi les stages de formation de juges animés par Jean-Michel POISSON en 1987 juste pour voir et pour mieux comprendre la discipline car à l’époque j’animais au micro les compétitions régionales en Alsace.
Je suis devenu Juge (régional puis national) en passant des examens à Saumur.
En 1989 j’ai accompagné Chantal TURCA et Yvonne TEULIER à un séminaire de juges internationaux à Salzbourg (Autriche)
Les 4 années suivantes j’ai organisé des séminaires à Strasbourg. A cette époque Jean-Michel PINEL commença à aborder le thème de la biomécanique !!! Dans un scepticisme quasi général...
Par la suite j’ai été nommé formateur de juges régional puis national.
En 1991 j’ai été nommé candidat juge international, en 1992 juge international, et en 2000 juge international officiel.
Entre 2000 et 2004 j’ai été membre de la commission voltige à la FEI.
Qu’aimez-vous tout particulièrement dans la voltige ?
La symbiose et les interactions entre les voltigeurs, les chevaux et les longeurs ainsi que la nécessaire synergie entre les juges et les entraîneurs dans l’analyse et le développement des figures, plus précisément des observables permettant une juste analyse et une juste exécution des mouvements.
Quel est votre plus beau souvenir en voltige ?
Ma première invitation à juger le premier championnat de France des sociétés à Périgueux en 1989 et les premiers séminaires que j’ai animés en Australie, Afrique du Sud et Nouvelle Zélande.
Je dois également avouer ma grande émotion lorsque des voltigeurs et voltigeuses français ont été médaillés.
Que vous a apporté la voltige ?
Une expérience humaine et sportive avec des personnes qui ont su me faire découvrir les contraintes et l’organisation du sport de haut niveau. Là encore c’était avec le staff de Jean-Michel PINEL (Philippe Leclerc, Armelle Cornillon, Eric Favori, François Bovi et les voltigeurs du pôle France de l'époque).
Que pensez-vous des changements du règlement depuis 2005 ?
En ma qualité de membre de la commission de voltige de la FEI et en accord avec les stratégies fédérales de l’époque (Jean-Michel Pinel entraîneur national), j’ai beaucoup milité pour le passage à 6 voltigeurs, la mise en place du programme technique, et bien sûr l’importance de la note du cheval.
Comment aimeriez-vous voir évoluer le jugement ?
Selon moi toute performance dans le jugement doit nécessairement passer par une formation de haut niveau avec des formateurs expérimentés, performants dans l’analyse biomécanique et qui sauront faire la différence entre juger une prestation et mettre des notes.
Le juge qui juge une prestation analyse le mouvement, en évalue les qualités et les défauts, le compare au geste juste. Il évalue les écarts entre le mouvement exécuté et le geste optimal et quantifie ces écarts. C’est-à-dire qu'il évalue les effets en comprenant les causes.
Le juge qui met des notes ne va évaluer que les effets sans en comprendre les causes et va nécessairement rester sur des apparences trompeuses.
Comment aimeriez-vous voir évoluer la discipline ?
Il faudrait qu’une véritable organisation de la performance soit mise en place avec des interactions entre les différentes composantes de la discipline. Conserver un équilibre entre les influences (voltigeurs, entraîneurs, longeurs, juges) pour concevoir une organisation permettant une saine émulation des savoirs , des savoir-faire , des savoir-être.
Bien sûr toute organisation basée sur la performance doit trouver sa source, son inspiration et une participation active des décideurs fédéraux sur les moyens humains, techniques et financiers. Il n’est pas possible de développer une discipline sans la mise en place de ces interactions.
Selon vous, quelles doivent être les qualités d’un juge ?
Jamais un juge ne devrait combler des besoins existentiels au travers du « pouvoir » qui lui est confié.
Par contre il peut s’épanouir dans une discipline dans la mesure où il se remet perpétuellement en question. Chaque jugement est un défi intellectuel !!
Il ne devrait rien attendre des voltigeurs, il n’a que des obligations (compétence, tenue, comportement, attitude, autorité, respect …)
Ses principales qualités doivent reposer sur le développement de sa compétence, sa remise à niveau permanente, la rigueur, l’objectivité, le doute aussi ….
Selon vous, quelles doivent être les qualités d’un voltigeur ?
Avant tout il doit avoir :
- des qualités sportives (souplesse, équilibre, liant, acrobatie, glisse …)
- des qualités artistiques (chorégraphie, interprétation musicale, expression corporelle, danse …)
- des qualités humaines et comportementales (accepter d’être évalué, accepter les « erreurs » humaines inévitables, être en interaction avec son environnement, être fair-play ….)
Selon vous, que faudrait-il développer en France pour permettre aux équipes de se rapprocher des podiums internationaux ?
1. Une volonté politique de construire une filière visant à obtenir des médailles
2. Les moyens pour mettre en place cette politique
3.
Un encadrement technique performant diversifié et complémentaire
4.
Une juste évaluation des performances durant les concours et durant les phases d’entraînement
5.
Un cercle d’influence et la présence de cadres français dans les instances internationales de la discipline
6.
Une sélection de voltigeurs dans lesquels un investissement est possible
7.
Un développement des performances des longeurs et par conséquence des chevaux
8.
Une abnégation totale des voltigeurs pour faire passer la performance avant TOUT autre loisir où fête familiale
9.
Du travail, du travail, du travail et du travail ……….
Selon vous, quelles doivent être les qualités d’un longeur ?
Ce devrait être un cavalier de haut niveau qui exerce son art au bout d’une longe. Et non un danseur de samba qui agite sa chambrière.
Selon vous, quelles doivent être les qualités d’un cheval de voltige ?
EQUILIBRE : dans sa tête, dans son corps et dans ses déplacements
ECOUTE ET ¨PERMEABILITE : être réceptif aux aides du longeur
PORTEUR : avoir été travaillé de manière à développer une musculature adaptée
Quels sont vos loisirs ?
Depuis ma cessation d’activité de juge de voltige, je n’ai plus trop de loisirs sauf la lecture, les sorties au restaurant, les voyages, une implication dans la formation des jeunes experts en automobile.
Quel est le proverbe qui vous ressemble le plus ?
«La franchise ne consiste pas à dire tout ce que l'on pense, mais à penser tout ce que l'on dit »
Quelle est votre philosophie de vie ?
Travailler sur le présent c’est envisager tous les futurs possibles : il ne faut jamais partir du principe qu’une chose ne se produira pas ou qu’elle est irréalisable.
Quel est le mot que vous préférez ?
Humour
Quel est le mot que vous aimez le moins ?
Mauvaise foi (même si parfois je le suis un peu)
Quel est le bruit que vous préférez ?
Je n'aime aucun bruit !! Par contre j’aime le tintement émis par une cloche !! (de juge)
Quel est le bruit que vous aimez le moins ?
« Le bruit de couloir »
Quelle est l’odeur que vous préférez ?
L’odeur de ma propre transpiration après une séance de sport (elle est tellement rare !!)
Quel est votre plat préféré ?
Malheureusement il y en a beaucoup mais j’ai un faible pour le jarret de veau ou l’osso bucco
Quelle est votre musique préférée ?
J’aime beaucoup le Jazz soul et autre musique groove
Si vous étiez un animal, lequel serait-ce ?
Je serais sûrement un Pinnipèdes !!!
Avez-vous quelque chose à dire aux débutants ?
Aux jeunes juges je dirais :
- de mesurer l’importance de leur fonction car ils ont l’obligation morale de respecter le travail des voltigeurs, des longeurs, et des entraîneurs.
- de s’imposer une formation de qualité afin de savoir identifier les gestes justes ainsi que les bonnes et les mauvaises pratiques, maîtriser les bases de la biomécanique, posséder des connaissances équestres, maîtriser l’analyse du galop et avoir un esprit « sportif »
- une fois à la table de parfaitement connaître le règlement et le code de pointage, et de juger sans préjugés (!) et sans présager des résultats possibles.
- d ’aller au bout de leurs idées, de prendre des décisions justifiées même si elles sont dures, mais aussi le cas échant savoir de reconnaître leurs erreurs.
Y a-t-il quelque chose que vous voulez ajouter ?
Durant environ 20 ans j’ai occupé beaucoup de fonctions, formé beaucoup de juges, rencontré des personnes inoubliables, passé des moments rares et me suis fait des amis pour la vie.
Certaines années j’ai passé plus de 30 week-ends sur les routes pour contribuer au développement de ce sport.
J’ai eu la chance de juger les plus grandes compétitions et de voyager dans le monde entier pour la voltige. J’ai pris du plaisir mais aussi des coups !
Je ne regrette rien mais aujourd’hui je ne comprends plus les décisions et les orientations prises (celles que je connais) par les décideurs fédéraux.
La France compte des compétences certaines avec Davy Delaire entraîneur national et l’ensemble de son staff, mais je crains qu’elle ne perde progressivement sa place parmi les grandes nations de ce sport.
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