|
|
[retour sommaire]
Arnaud Thuillier
Né le 18 octobre 1963 à Paris
voltigeur de l’équipe de France de 1973 à 1993
mon longeur : Hubert Arzur
mon cheval : Mon Bonheur, Selle Français bai brun
de 183 cm, né en 1980
Profession :
actuellement en formation avec Philippe Leclair (entraîneur mental de l’Equipe de France des Sports Equestres pour les JO de Barcelone…) pour devenir entraîneur mental, consultant en développement des performances pour Stratégie de la Réussite® |
 |
 |
Palmarès :
2ème voltigeur individuel français le plus titré (après
Matthias Lang)
7 fois champion de France : 1982, 1983, 1984, 1985, 1988, 1989, 1990
2 fois vice-champion de France : 1986, 1987
5ème mondial
Votre plus beau souvenir :
Le Championnat de France 1990, j’ai été le
meilleur ce jour là, à ce moment là, dans ce manège.
Je savais exactement comment je faisais. J'étais déterminé,
souple, prêt physiquement. Hubert Arzur et Mon Bonheur
étaient à leur meilleur niveau. Nous étions indétrônables
ce jour là !
|
En quoi consistait votre entraînement :
80% du temps au sol, en salle de gym, stretching, musculation,
footing, danse, trampoline et 20% à cheval. Je faisais mes études
la semaine à Paris et j'allais le week-end à Brest pour voltiger
sur mon cheval.
|
| Parcours sportif :
J’ai pratiqué la voltige pendant 20 ans et j’ai été le leader de l’équipe de France pendant 10 ans.
J’ai commencé en 1973 au Club Hippique de Montjoie (aujourd’hui UCPA) à La Courneuve avec Alain et Danièle Thibot. J'ai fait plusieurs présentations de voltige aux salons du cheval en 1974 et 1975.
En 1980, j'ai fait un stage en Allemagne et j’ai participé à ma première compétition internationale en Autriche.
1980, entraînements au Touring-Club-de-France (75)
1982, entraînements au Club Hippique d’Achères la Forêt (77)
1984, achat de Mon Bonheur, entraînements avec Hubert Arzur (29)
Pendant ces années de compétition, j’ai rencontré Philippe Leclair, préparateur mental d’équipes de France olympiques (J.O. de Barcelone et d’Albertville). Cette rencontre a été déterminante. L’entraînement mental m’a fait comprendre qu’il est plus important de se concentrer sur ce que l’on a à faire, c'est-à-dire sur les étapes de notre programme, plutôt que de penser au résultat et à ses conséquences (si je ne gagne pas je ne serai pas sélectionné, mon sponsor va me lâcher…) ou aux expériences passées heureuses ou malheureuses.
|
 |
Par l’entraînement (mental) j’ai appris à déceler les monologues internes euphorisants ou sapeurs de moral et à revenir à 100% dans le présent. Aujourd’hui, j’apprends à enseigner ces techniques pour retrouver tout son potentiel le jour « J », vous savez le jour où il y a la fameuse pression. Comment arriver à ne pas perdre ses moyens justement ? Des fois on est concentré et puis en une seconde on ne l’est plus ! Et bien quand c’est LE jour de votre vie, c’est dommage ! L’entraînement mental permet de retrouver à n’importe quel moment de la vie, ces moments de joies intenses où « tout roule comme sur des roulettes », où tout est léger, où c’est facile.
Cette année, je suis revenu dans le monde de la voltige et je me suis moi-même entraîné à entraîner (uniquement sur la partie mentale) l’équipe de Meaux de Marina Joosten-Dupon. Cela m'a permis de mettre en application en situation réelle la formation que je reçois de Philippe Leclair. Il se trouve que le travail des voltigeurs et de Marina leur a permis d’être sélectionnés pour les championnats d’Europe. Et pour ces championnats, j'insiste sur le fait que je n’étais pas l’entraîneur mental de l’Equipe de France dans sa globalité, mais que j’étais en formation pour Stratégie de la Réussite® avec l'équipe senior de Meaux.
|
Que pouvez-vous nous dire sur votre cheval :
Les qualités de mon cheval étaient celles de mon longeur et
de moi-même. Les défauts de mon cheval étaient également
ceux de mon longeur et de moi-même. C'est à dire que son excellence
dépendait de la nôtre. Il est juste un cheval. Lui il galope
et moi je voltige. J'ai été habitué à changer
de cheval très souvent, donc un cheval, pour moi, c'est son galop,
sa respiration, son volume corporel et puis je compose avec. En tant que
voltigeur c'est ce dont j'avais besoin. Je n'avais pas de relation particulière
avec le cheval, je voltigeais en sentant ce qu'il se passait en dessous,
c'est tout. Il n'y avait pas d'autre chose à faire ou d'autres questions
à se poser. En ce qui concerne son caractère, la vraie relation
c'était avec Hubert Arzur, il n'y a que lui qui pourrait en parler.
Les comportements de jalousie, de haine, d'amour, etc... c'était
plus envers Hubert.
Que pouvez-vous nous dire de votre programme libre :
Hubert Arzur et moi (nous étions très complices), nous avons
été les premiers à présenter un programme construit
sur la musique. C'est à dire que j'avais le souci de m'exprimer en
rythme sur une musique. |
 |
Au niveau technique, mes libres sont restés bien inférieurs
à ce que j’aurais aimé faire. J’ai travaillé
des figures circassiennes mais l’acrobatie à cheval n’est
pas le même travail que la voltige académique.
Comment souhaitez-vous que le sport évolue ?
Qu’il grandisse, qu’il s’ouvre vers le spectacle. La discipline
est très esthétique, pour la développer il faut la
rendre artistique. Déjà il faut choisir la musique et travailler
dessus et non pas l’inverse. Ensuite il manque toute la partie « expression ». Le programme devrait raconter une histoire, comme c’est déjà
un peu le cas en individuel.
|
 |
Que pouvez-vous nous dire sur l’équipe
senior de Meaux ?
Je souhaite féliciter les voltigeurs, Marina et les grooms pour
leur attention, leur remise en question et leur aptitude à changer.
En gardant chacun leur personnalité et leur expression, ils ont
réussi à transformer leurs comportements automatiques -
par exemple quand on est en colère parce qu’on n'y arrive
pas et qu’on s’énerve, et plus on s’énerve
moins on obtient le geste juste – ils ont réussi à
observer ces états limitants pour retrouver leur présence
d’esprit, leur analyse et l’amplitude de leur geste.
Cette faculté de rester concentré quoi qu’il arrive
va leur servir dans leurs études et plus tard dans leur vie professionnelle.
Comment avez-vous abordé les championnats d’Europe
?
De mon coté je les avais aidés à fabriquer leur mode
d’emploi personnel et d’équipe. Ils n’avaient
plus qu’à le suivre. Ensuite nous avons géré
les imprévus avec une grande tranquillité puisque nous étions
disponibles et que tout était préparé.
Chacun contrôlait ses étapes et cette semaine de compétition
a été une semaine de grandes joies et de grandes émotions.
Ils étaient tous radieux et très heureux de voltiger.
|
Quel était l’objectif ?
L’objectif était de se faire plaisir et de vérifier
leur concentration pour libérer la technique et l’expression.
|
 |
Jusqu’où amènerez-vous cette équipe
de Meaux ?
Pour les championnats d’Europe, nous avons fait ce que nous avions
prévu. Ils étaient au meilleur de leur niveau mental, physique
et technique. Maintenant ils ont besoin de s’entraîner. Ce
qu’il manque aujourd’hui, ce sont des moyens financiers. Des
moyens pour des cours de danse, de théâtre, d’expression.
Ils ont la technique, ils ont besoin de s’amuser, de jouer, de faire
passer les émotions. Je ne sais pas encore si j'interviendrai pour la saison prochaine.
Nicolas Andréani a tenu le coup toute la compétition
et a remporté une belle médaille (argent en individuel)
qu’en pensez-vous ?
Le travail qu’a fait Nicolas est remarquable. Effectivement, je
l’ai vu notamment en déséquilibre et attendre le quart
de seconde nécessaire pour rester avec son cheval et prendre le
tempo au bon moment. Il a eu une « présence d’esprit », une disponibilité inouïe.
C’est une grande faculté d’arriver à être
disponible à 100% comme il l’a fait. Je l’ai vu concentré,
heureux, disponible, et très à l’écoute de
son corps et de son cheval.
|
Quels sont vos projets ?
Je suis actuellement en formation et je serai heureux
de développer ces techniques d'entraînement mental dans de nouveaux domaines. Nous travaillons
dans toutes les disciplines. Philippe Leclair a entraîné
des cavaliers, des patineurs, des escrimeurs, des judokas… La pression
nous fait perdre nos moyens que ce soit à cheval, sur la glace…
Notre activité est également développée depuis
20 ans dans les entreprises. Face à la négociation d’un
contrat, à un candidat pour une embauche, à une assemblée
de commerciaux, n’a-t-on pas également besoin de retrouver
notre plaisir, notre confiance en nous, et de garder la tête froide
quand tout s’accélère ?
Qu’aimiez-vous tout particulièrement dans la voltige
?
Mon expression dans un espace en mouvement.
Que vous a-t-elle apporté ?
L’expression de moi-même
|
Votre proverbe préféré :
Les mots manquent aux émotions (Victor Hugo)
Vos loisirs :
Flâner, visiter, découvrir,
voyager
Votre philosophie de vie :
Apprendre.
Le mot que vous préférez :
Aimer.
Celui que vous aimez le moins :
Inhibé.
Le bruit que vous préférez :
Les
séracs qui dévissent.
Celui que vous aimez le moins :
Les alarmes.
L’odeur que vous préférez :
Sciure
et chevaux.
Votre plat préféré :
Dorade royale à la croûte de sel
Votre musique préférée :
Mozart
Si vous étiez un animal, vous seriez :
Un cheval, pour savoir ce que je pourrais transmettre aux voltigeurs !
Un mot pour les débutants :
Montez sur votre cheval au galop. Quelle que soit votre position, fermez les yeux, écoutez et sentez ce qui se passe dans vote corps avec le mouvement.
Photos : Frédéric Chéhu
|

|
|
|